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Histoire de la libération de la ville de LURE

Message  admin marsouin le Mer 20 Mai - 15:51

RECITS HISTORIQUES


Hommage à la 3ème Division d'Infanterie Américaine


La libération de la ville de Lure le 16 septembre 1944 par la 3ème Division d'Infanterie Américaine a été précédée de furieux combats endurés par chacun des trois régiments de la division aux abords de Lure, le jour même et les jours précédents.

A partir des historiques des différentes unités de la 3ème DI, j'ai résumé les principaux faits d'armes survenus dans la régionaux alentours du 16 septembre 1944.

Puissent ces quelques lignes participer au devoir de mémoire afin de ne pas oublier les sacrifices consentis par ces jeunes hommes qui ont combattu sur le sol de France bien loin de leur pays d'origine.


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Après le débarquement de Provence le 15 août 1944 et la prise de Paris, la situation évolua rapidement et à partir de la fin

août 1944, la nervosité gagnait les derniers occupants qui traversaient Lure, se repliant vers l'Est, vers Belfort.

Le bruit du canon se rapprochait et laissait à la fois espérer et craindre la libération toute proche.

Depuis début septembre la ville de Lure connut une animation extraordinaire, constamment traversée par des convois automobiles allemands faisant retraite sur Belfort et l’Alsace.

La circulation était réglée par la feldgendarmerie locale...






A partir du 9 septembre 1944, la route fut livrée aux retardataires retraitant avec des moyens de fortune, vieux camions ou

automobiles, calèches, chariots, vélos et même corbillards…spectacle réjouissant pour les habitants car présage d’une proche libération.

Du coté allié, des éléments des troupes françaises de la 1re DB ont effectué leur jonction avec la 2ème DB de Leclerc à Chatillon-sur-Seine (Cote d'Or) le 13 septembre 1944.

Mais l'effet de tenaille escompté a été inopérant et a permis aux troupes ennemies du général Wiese de passer à travers les mailles du filet et les Allemands ont réussi à établir une solide ligne de défense sur les Vosges et la trouée de Belfort.

Les troupes Américaines, après avoir libéré toute la Provence remontent les vallées du Rhône puis de la Saône.

L'objectif fixé à ces troupes composées de trois divisions d'infanterie parmi les plus aguerries est alors de libérer le département de la Haute Saône.

La 45ème DI libère Baume-les-Dames, puis Villersexel le 13 septembre.

La 3ème DI libère Vesoul le 12 septembre et fait route sur Lure.

La 36ème DI enfin libère Gy, passe à proximité de Vesoul et se dirige vers Luxeuil.

Devant la progression des troupes alliés les allemands vont livrer des combats acharnés, pratiquement dans chacun des villages situés dans une zone délimitée par Lure, Villersexel, Vesoul et Luxeuil les Bains...

Suivant une méthode éprouvée, les Américains, avant d'avancer et d'occuper le terrain, sondaient la résistance ennemie en envoyant quelques obus sur les points stratégiques...

Voici maintenant une traduction fidèle des journaux de marche des régiments de la 3ème DIUS :

Le 14 septembre 1944, la 3ème DIUS entamait sa campagne des Vosges, avançant en masse contre une forte résistance ennemie le long de la route nationale 19 dans la direction de Lure...


Opérations du 15ème RI :

Le 15ème Régiment d'Infanterie (RI) se déplaçait le long du flanc gauche de la division en face d’un ennemi déterminé.

Le 1er bataillon du 15ème RI, était rassemblé durant la matinée dans le voisinage de Citers.

La compagnie K (3ème bataillon) attaqua Quers face à une considérable résistance ennemie et vers 17 h 50, occupa la ville.

Le reste du bataillon se déplaça vers Lure depuis le nord ouest.

Le 1er bataillon du 15ème RI fit alors mouvement vers Genevreuille.

La compagnie B (Baker), qui avait été relevée durant la nuit par des éléments du 30ème RI, faisait mouvement pour rejoindre le

reste du 1er bataillon afin de participer à l’assaut.

Il y avait toutes raisons de croire que l’ennemi était toujours bien en place, depuis que des patrouilles avaient perçu durant la nuit

les manifestations d’une importante activité dans la ville.

La compagnie B débuta son attaque à 6 h 30 du matin

Les allemands, suivant un usage devenu habituel, ont résisté amèrement durant les premières heures du jour, à l’abri de l’obscurité

Durant le parcours vers Genevreuille, un barrage routier allemand avait ralenti l’avance de deux sections de tête de la compagnie B.

MURPHY qui se trouvait dans la section arrière décida de se porter à l’état major du bataillon pour rapporter la situation.

Sur son chemin, derrière sa section, il s’arrêta pour parler à un groupe d’hommes qui se dirigeaient vers la ligne de front.

Soudainement un tir de barrage au mortier se déclencha à coté de cette position. Un de des obus explosa tout près de MURPHY.

Il a relaté cette expérience effrayante dans son livre « To Hell and Back » :

« L’obus de mortier explosa sous mes pieds avant même que j’en sois conscient. J’ai eu juste assez de temps pour penser,

ça y est, avant que le choc ne me rende inconscient. Méthodiquement, j’ai déplacé mes mains sur mes jambes.

Mes membres étaient toujours là mais le talon de ma chaussure droite avait disparu et mes doigts étaient collants avec du sang ».

Parmi les cinq hommes avec lesquels MURPHY discutait au moment de l’explosion, deux était morts et trois étaient sérieusement blessés.

La compagnie B fut la première à entrer à Genevreuille, et peu de temps après midi, le 15 septembre, la ville fut conquise après avoir essuyé des tirs sporadiques d’armes légères et de mortiers. Le 1er bataillon continua sa poussée vers Amblans qui était déjà occupé par la compagnie Fox.

Durant le reste de la journée, le 15ème RI, dans sa lente et pénible progression sous un feu croissant d’armes légères, de mortiers, de mitrailleuses et de canon anti-chars de 20mm, a pris le contrôle des villages bien défendus d’Adelans, d’Amblans et Velotte.

Au cours de son attaque sur Adelans, le 2ème bataillon du 15ème RI rencontra une résistance considérable alors qu'il était engagé dans un combat autour de la colline 383.

Le 1er bataillon du 30ème RI envoya une patrouille vers Gouhenans qui du engager un combat acharné contre une quarantaine d’ennemis dans l’après midi du 15 septembre. D'autres patrouilles rapportèrent que l’ennemi était en force à Gouhenans.

Des barrages étaient établis. L’attaque reprit donc dans la matinée du 16 septembre.

A 6 h 35 la compagnie G (2ème bataillon) progressait en avant et atteignait enfin Gouhenans. La ville tomba avant midi.

La retraite de l’ennemi se muait désormais en un combat désespéré pour maintenir l’accès à la route de Belfort.

La manœuvre d’encerclement autour de Lure était maintenant de plus en plus serrée, à mesure que le régiment battait en brèche le front ennemi à travers une résistance sans cesse accrue depuis des positions bien organisées...



Les opérations du 7ème RI :


Après avoir mené un combat continu durant la journée du 14 septembre 1944 et pendant la nuit, les 1er et 2ème bataillons

du 7ème RI ont continué leur progression durant la matinée du 15.

A 8 h 40, le 2ème bataillon était en contact aux Aynans, le reste de la troupe étant stationné du coté ouest de la rivière l’Ognon,

l’ennemi étant positionné de l’autre coté. Un peu plus tard, le 2ème bataillon sécurisa deux ponts près des Aynans à 13 h 10.

Le 1er bataillon quant à lui, continuait son avance et, à 11 h 50, des éléments avancés de la compagnie B entraient à La Grange du Veau sans rencontrer d’opposition. Une fois en place, le 1er bataillon du 7ème RI organisa une position défensive autour de la ville.

C'est alors qu'un feu ennemi soutenu et harassant tomba sur le village.

A 20 h 15 le bataillon lança une attaque en direction d’une levée de terre à environ 1800 mètres au nord est.

La résistance ennemie était forte à tel point que les allemands ont du être délogés de leurs positions enterrées à la grenade et à la baïonnette.

La colline fut finalement prise et le reste du bataillon se rassembla là pour la nuit.

Le lendemain, à 7 h 15, le 1er bataillon continuait son avance vers l’est depuis la Grange du Veau lorsque le Commandement Général ordonna au 7ème RI de manœuvrer pour se mettre en position en vue d’une attaque sur Lure.

Dans la même journée du 15 septembre, un groupe de reconnaissance motorisé de 10 hommes, issus de la « Battle Patrol » (patrouille de reconnaissance), avaient observé deux véhicules ennemis qui venaient dans leur direction, à moins de 70 mètres.

Tous les hommes, excepté le soldat de 1ère classe Bruce A. AVEN, un conducteur de jeep, se mirent aussitôt à l’abri dans un fossé tout proche. Bruce se glissa rapidement à l’arrière de sa jeep pour saisir la mitrailleuse de 50 (12,7 mm) qui y était installée



< peutêtre la jeep de Bruce ?


et déclencha un tir intense mais suffisamment précis pour détruire ensemble les 2 véhicules ennemis et tuer leurs 6 occupants sans leur avoir laissé le temps de répliquer !

A moins de 200 mètres plus loin, se trouvait un autre véhicule allemand, apparemment armé d’un canon ou d’armes automatiques anti-aériennes. Sous le choc et la férocité de l’attaque du « private » AVEN, son équipage s’échappa en désordre…

Le 3ème bataillon du 7ème RI qui était avant stationné en réserve à Arpenant, se rassembla dans les bois alentours au nord est et se prépara à l’attaque en envoyant des patrouilles de reconnaissance en direction de Vy les Lure.

Vers 13 h 30, le 3ème bataillon déclancha son attaque avec les compagnies I et L accompagnées de sections de mitrailleuses détachées de la compagnie M.

La compagnie L progressait sur la gauche, la compagnie K suivant en arrière en couverture.

L’opposition ennemie était déterminée, appuyée par des tires d’armes automatiques mais aussi de mortier et d’artillerie.

Les obus allemands explosaient entre les deux compagnies d’assaut (I et L), provoquant des pertes sévères et détruisant les communication entre elles. Notamment, un groupe de 6 mitrailleuses qui infligea un nombre élevé de pertes dans la compagnie I, dont son commandant, le 1st Lieutenant Arthur M.DUNN, quelques hommes de son état major et 5 soldats d’une patrouille d’assaut.

Le 1st Lieutenant Hugo J. MANDELLI prit alors le commandement de la compagnie. La défense Allemande empêcha ainsi la manœuvre d’une attaque coordonnée.

Cependant cet épisode permit à la compagnie L du 3ème bataillon du 7ème RI d’accomplir une action qui lui valut une citation à l’ordre de la Présidence des Etats Unis :

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[color=black]> Quand les tirs de barrage d’artillerie ennemis ont explosés entre les deux compagnies d’assaut du 3ème bataillon, le capitaine Ralph J Yates demanda rapidement à la compagnie L de se porter à carrément à gauche de l’axe de progression du bataillon. Après avoir été masqués du feu ennemis pendant quelques centaines de mètres par une élévation du terrain, la compagnie pivota sur sa droite et continua son chemin parallèlement à son axe de progression original. En changeant ainsi de route, le capitaine Yates évita un nombre important de pertes à sa compagnie et par la même occasion déborda l’avant poste de la ligne de résistance ennemie aux abords de Vy-les-Lure.

Tandis que la compagnie I repoussait la puissante contre attaque ennemie, la compagnie L continuait d’avancer avec ses deux flancs exposés. Alors que les fantassins traversaient une pâture vers une route secondaire menant à la ville, les allemands déclanchèrent sur eux un feu d’artillerie lourde et de mortiers. Les chefs de groupe pratiquèrent rapidement des ouvertures dans les fils barbelés qui ceinturaient la pâture et la compagnie se glissa aussitôt vers la route, sous les tirs ennemis, et plongea dans un fossé de drainage qui longeait la route. De là, ils s’avancèrent à couvert en direction des abords de Vy-les- Lure.

A une distance d’une soixantaine de mètres devant et sur la droite de la route quelques unes des premières maisons se détachaient. De l’autre coté de la route, un peu plus loin, se trouvait un cimetière entouré par un mur de pierre d’environ 1,5 mètre de haut.
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